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Schulmeister, l’espion strasbourgeois de Napoléon

Charles Louis Schulmeister Espion Napoléon

Illustration : Thierry Marchand

SCHULMEISTER, L’ESPION STRASBOURGEOIS DE NAPOLÉON


Si je vous dis qu’il y a un rapport entre James Bond, le Stade de la Meinau et Napoléon, vous allez certainement me traiter de fou. Je vous vois déjà venir alors place aux explications.

QUI EST SCHULMEISTER ?

Charles Louis Schulmeister Espion NapoléonCharles Louis Schulmeister (1770-1853) fut tout à la fois : marchand de tabac, contrebandier, chef de bande, espion, militaire, commissaire de police, châtelain donnant des fêtes somptueuses, industriel,…
Il commença dans la contrebande au 3, rue des Récollets à Strasbourg, comme simple « transporteur » (un peu comme Statham mais sans l’Audi), puis rapidement comme chef d’un véritable réseau sur les deux rives du Rhin.
Son potentiel fut repéré par Savary le futur ministre de la police, il deviendra espion pour l’Empire en 1805, jusqu’à devenir le meilleur agent de Napoléon.

SES COUPS D’ÉCLATS :

En 1805, agent double en Autriche il permit la capture d’une armée de près de 40 000 hommes (dont les neuf dixièmes n’avaient pas tiré un coup de fusil), grâce à de faux renseignements donnés aux autrichiens.

En 1805 toujours, son audace le pousse à assister, habillé en intendant autrichien, à un Conseil de guerre présidé par François II himself (l’empereur d’Autriche).

En 1806, à la tête de 13 cavaliers il pénétra de nuit dans un village où campaient 600 autrichiens (encore eux les pauvres…), captura les 15 officiers et par la même occasion, contraignit toute la garnison à se rendre.

« Dans son genre, on n’avait jamais trouvé un plus habile négociateur. »

Il est dénoncé, arrêté et condamné à mort en 1809. La nuit de la veille de son execution il reconnaît parmi ceux qui le gardent un déserteur français, cause avec lui, le séduit par l’appât du gain, fait venir du vin, boit avec son escorte, glisse de l’opium dans la boisson, enivre ses gardes, prend un de leurs habits, puis s’échappe !

UN STRASBOURGEOIS DE LA MEINAU:

Né à 20 kilomètres de Strasbourg puis marié à une alsacienne, il est devenu très riche : en plus de la contrebande, son travail d’agent double était très lucratif. En effet, il était évidemment payé par la France, mais aussi par l’Autriche qui pensait qu’il travaillait pour leurs intérêts (un seul job pour deux paies qui dit mieux ? ).

En 1806, Charles Schulmeister acquit un vaste domaine qu’il baptisa Meine Aue (mes prairies), qui donnera l’actuel nom du quartier de la Meinau !

Il y fit construire un magnifique château dans un grand parc où il s’adonnait à une vie mondaine. Le château de la Meinau devint une des plus belles et une des plus vastes habitations d’Alsace.

Quand Napoléon abdiqua en 1815, la prospérité de Schulmeister déclina. Après quelques investissements malheureux il transforma son château en sucrerie avant de devoir le vendre. Il finit sa vie dans un petit appartement au n°3 de la Place Broglie avant être inhumé au cimetière Saint-Urbain.

Son château sera lui démoli par les allemands en 1873. Seules subsistent encore les anciennes dépendances (anciennes écuries et logements de domestiques), qui abritent actuellement des services d’entretien de la ville.

La place de la Meinau de nos jours avec les deux dépendances
Tombe, sépulture Charles Louis Schulmeister Espion Napoléon
Sa tombe au cimetière St Urbain (En face du Rivétoile)

 


Il n’y a que les gens géniaux qui partagent (on dit ça, on dit rien) :

Cyril
Cyril
Amoureux de Strasbourg et épicurien convaincu. Je boirai du lait le jour ou les vaches mangeront du raisin.
http://kuriocity.fr

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