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BIÈRE. Histoires et héritages des brasseries alsaciennes

BIÈRE. Histoires et héritages des brasseries alsaciennes

L’Alsace et la bière, la bière et l’Alsace… c’est une longue histoire, une longue tradition. Nombre d’ouvrages et de recherches ont été consacrés à ce sujet et force est de constater que cela n’est pas prêt de s’arrêter, tant la bière est à la mode et déchaîne les passions : les (micro)brasseries indépendantes se mettent à pulluler un peu partout dans nos contrées, les brasseries Le Tigre et Meteor deviennent les nouvelles places fortes à Strasbourg…

Si aujourd’hui les brasseries industrielles encore en activité en Alsace se comptent sur les doigts d’une main – Heineken (à laquelle appartiennent la Brasserie de l’Espérance, Fischer, Adeslhoffen et Mutzig, aujourd’hui disitribuée en Afrique), La Licorne (groupe Karlsbräu), Kronenbourg (groupe Carlsberg),et Meteor. Cette dernière est la plus grande brasserie indépendante de France – il faut savoir qu’à la Belle-Epoque (années 1920), on en dénombrait pas moins de 250, dont certaines qui ont véritablement compté dans l’histoire de l’industrie du malt, de l’orge et du houblon (elles ont pesé dans le game, comme on dirait aujourd’hui).

On ne fera pas ici un historique exhaustif de ces 250 et quelques brasseries, mais on fera un focus sur les plus emblématiques d’entre elles, qui ont brassé leurs dernières goûtes de bière il y a bien longtemps.

Schutzenberger : grandeur, décadence… et renaissance ?

Ancienne brasserie installée à Schiltigheim, fondée en 1740 et fermée en 2006.

Marque historique s’il en est, Schutzenberger, avant sa liquidation judiciaire en 2006 a été tour à tour fournisseur officiel de la cour au XVIIè siècle puis grande brasserie de la Patrie lors de la révolution française.
Son influence dans l’histoire de l’industrie moderne de la bière est immense. On lui doit entre-autres l’invention de la bière sans alcool en 1973 (on vous laisse en penser ce que vous voudrez), mais aussi la relance de la tradition de la bière de Noël en Alsace en 1985 (et ça c’est cool), la première bière bio, les premières bières aromatisées…

Malheureusement, au cours des années 2000 la brasserie fait face à quelques difficultés, son chiffre d’affaire baisse et la liquidation judiciaire devient inévitable… Suite logique, l’incontournable bierstub du même nom de la place Kléber a été contrainte de fermer ses portes la même année, en 2006.
Après quelques tentatives remarquées de renaître de ses cendres, il se murmure à nouveau qu’une renaissance pourrait bien avoir lieu sous différentes étiquettes et diverses formes… Quel avenir pour cette brasserie historique ? Affaire à suivre !

Gruber : la science et le commerce au service de la bière

Ancienne brasserie du quartier de Koenigshoffen,fondée en 1855 et fermée en 1965.

Gruber

L’Alsacien David Gruber, pharmacien de vocation, a très vite su faire bon usage des progrès de la science et de l’évolution du commerce pour moderniser les techniques et les procédés brassicoles en vigueur jusqu’ici. Novateur dans le domaine de la fabrication (il est connu pour sa bière Bock, bière blonde et pâle que la concurrence ne parvient pas à imiter), il va non seulement faire de la bière un produit de masse et à la qualité constante, mais il va en plus diffuser son approche dans toute l’industrie. Il sera l’un des premiers à saisir les enjeux liés à l’essor du chemin du fer, ouvrant de nouvelles perspectives sur le transport et la conservation de la bière. En 1870, Gruber occupera la première place sur les convois vers Paris et obtiendra même un embranchement spécifique en gare de Koenigshoffen, avant de disposer de ses propres wagons conçus spécialement pour lui.

Désormais entrepreneur de renom, Gruber est également le premier à réunir les tavernes alsaciennes, dites tavernes Gruber, sous le principe de la franchise. Très vite, sa bière se trouvera ainsi diffusée à échelle internationale. Son réseau s’étend alors de toute la France jusqu’aux régions méridionales, où l’on consomme traditionnellement du vin…
C’est la concurrence qui marquera le déclin de la brasserie Gruber : en 1934, la brasserie Fischer entre dans son capital puis finit par l’absorber en 1959. En 1964, Gruber cesse définitivement son activité.
Aujourd’hui, la mémoire de Gruber perdure à Strasbourg via ses villas, notamment la villa Schweitzer, devenue le siège du CREPS (centre régional d’éducation physique et sportive). Les anciens bâtiments de la brasserie, route des Romains ont eux été reconvertis en parc d’activités.

Perle : le retour de l’enfant du pays

Ancienne brasserie installée à Schiltigheim, fondée en 1882 et fermée en 1971. Comeback fracassant en 2009.

Nous sommes à Schiltigheim en 1882 quand Pierre Hoeffel fonde la brasserie de la Perle, fusion des brasserie de la Tête Noire, vieille de 500 ans, et la brasserie de la ville de Vienne, fondée un siècle plus tôt. Avec 300.000 hl produits chaque année au plus fort de sa production, la brasserie Perle s’imposera comme l’une des plus importantes de la première partie du XXè siècle.
En 1919, elle est reprise par Charles Kleinknecht, ancien directeur de la brasserie de l’Espérance, et prend alors le nom de Brasserie Charles Kleinknecht Perle. En 1971, la brasserie cesse son activité industrielle.

 

Ce qui nous intéresse dans l’histoire de cette marque, c’est son retour en force en 2009, grâce au maître-brasseur et bourlingueur Christian Artzner, arrière-arrière-petit-fils du fondateur de la brasserie originelle. Tout d’abord, Christian Artzner fait brasser sa bière en Allemagne et en Belgique, en quantité encore artisanale (800 litres la première année). Après avoir peaufiné ses recettes et profité d’un réseau de distributeur solide, la brasserie Perle redevient définitivement alsacienne en 2015, en s’installant dans la plaine des bouchers à la Meinau. Depuis, Christian Asrtzner nous gratifie d’une bière dont la réputation n’est plus à faire, à travers une gamme de qualité et qui continue de s’étoffer : blondes, rousse, ambrée, blanche, aromatisée à la menthe à la vanille ou au raisin… sans compter les incontournables bières de Noël, vendues chaque année sur le fameux marché du même nom !

A découvrir ici : http://www.biereperle.com/

Mais encore :

Les temps changent, la roue tourne. Certaines marques ressuscitent, parfois à grand renfort de marketing (ou pas…), d’autres ont à ce jour complètement disparu, ne laissant aucune trace derrière elles, les bâtiments ayant été démolis, comme c’est le cas pour les brasseries Prieur, Freysz, la brasserie de Colmar… D’autres encore, perdurent au sein de grands groupes industriels, comme on l’a vu dans l’introduction : les brasseries Adeslhoffen, Fischer, brasserie de l’Espérance etc. commercialisées aujourd’hui sous le giron Heineken, par exemple.

Quoiqu’il en soit, l’histoire de la bière continue et la relève est assurée constamment par moults brasseurs passionnés qui parviennent à tirer leur épingle du jeu et faire leur trou dans ce monde effervescent !

Allez, ‘s gilt et à la prochaine !

 

Guillaume

Guillaume

Guidé de ci de là par une étoile, né entre Rhône et Saône, bercé par le Rhin.

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