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La statue du chevalier Liebenzeller

La statue du chevalier Liebenzeller


« Aujourd’hui encore, montrez-vous solides et battez-vous sans peur, pour l’honneur de notre cité, pour une liberté éternelle, la nôtre, celle de nos enfants et celle de tous nos descendants ! »

C’est sur ces termes que le chevalier Reimbold Liebenzeller aurait harangué les troupes strasbourgeoises avant la terrible bataille d’Hausbergen.

Il est devenu un symbole de liberté de la ville de Strasbourg grâce à l’érection d’une magnifique statue sur la place des Tripiers le 16 avril 2019 par la Fondation pour Strasbourg.

Qui est vraiment le chevalier Liebenzeller ?

Il est difficile d’avoir une idée précise, tant les renseignements sur ce chevalier sont assez rares et imprécis.
En 1260 la ville est alors une ville épiscopale gouvernée par son nouvel évêque, Walter de Geroldseck (chef de guerre à l’époque) qui veut établir une totale autorité sur les bourgeois de Strasbourg.
Les contraintes qu’il fait alors peser sur la ville mènent à une rébellion des notables et de la population en 1261.
L’évêque établi un véritable blocus autour de la ville grâce à sa puissante armée. La situation est alors compliquée quand le chevalier Reimbold Liebenzeller décide de constituer une armée de volontaires de la cité.

En 1262 la situation est à son paroxysme, Liebenzeller et ses troupes marchent à la rencontre de l’armée de l’évêque aux environs d’Oberhausbergen.

Le choc se produit au pied de la colline d’Hausbergen : l’armée épiscopale charge de façon désordonnée l’armée de Liebenzeller. Les strasbourgeois répliquent en leur envoyant une pluie de flèches et de carreaux d’arbalètes et en coupant les jarrets des chevaux pour massacrer au sol les lourds cavaliers pris au piège dans leurs armures.
La bataille arrive à son terme et 1300 âmes jonchent le sol d’Hausbergen. Le chevalier rentre à Strasbourg victorieux et acclamé par les strasbourgeois.

La bataille de Hausbergen par Émile Schweitzer, 1894

La paix est conclue et Strasbourg devient par la suite une ville libre d’Empire et son avenir confié à seul Conseil. Cette « république » tiendra pendant des siècles, jusqu’à sa capitulation face à Louis XIV et son rattachement à la France en 1681.

La statue sur la place des Tripiers

Il n’existe aucune représentation du chevalier, juste des descriptions dont s’est inspiré l’artiste Christian Fuchs qui a fait le modèle avant de le confier à deux fonderies, l’une à Mulhouse l’autre à Rambervillers dans les Vosges. Un beau bébé de 2m50 de haut pour 500 kilos de bronze.

A noter la présence d’une impressionnante arbalète à ses pieds qui rappelle le rôle décisif de cette arme lors de la bataille d’Hausbergen. Même si le chevalier Liebenzeller n’aurait surement pas utilisé cet engin, réputé arme du peuple (voir de lâche), mais ce sont ces arbalètes qui ont permis aux Strasbourgeois de tirer parti de leur supériorité numérique. Sans elle, l’infanterie de l’évêque aurait pu retourner la situation.


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Cyril
Cyril
Amoureux de Strasbourg et épicurien convaincu. Je boirai du lait le jour ou les vaches mangeront du raisin.
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